Édifié à la fin du XVIe siècle par le duc de Savoie, pris aussitôt par Lesdiguières, le Fort-Barraux est réaménagé par Vauban à la fin du XVIIe siècle. Utilisé comme prison à la Révolution et durant la Première Guerre mondiale, il devient officiellement un centre de séjour surveillé par décret le 24 juillet 1940. Le fort fait alors partie des camps d’internement réservés aux « indésirables français » mis en place par le régime de Vichy : communistes, syndicalistes, juifs, délinquants économiques et droits communs. De juillet 1940 à octobre 1942, il est dévolu en priorité aux politiques, puis jusqu’en juin 1944 à l’internement des repris de justice et souteneurs (droits communs).

 

Au moment des premières rafles et déportation de juifs étrangers à l’été 1942, la préfecture régionale prévoit exceptionnellement leur internement à Fort-Barraux. Le centre étant réservé aux hommes, une autorisation spéciale est accordée pour pouvoir interner des femmes et des enfants. En tout, 167 juifs sont internés à Fort-Barraux. Certains sont libérés, d’autres sont transférés à Drancy. 117 d’entre eux sont déportés au camp d’Auschwitz-Birkenau.

 

Le Fort-Barraux est un lieu emblématique de la politique de collaboration et de répression du gouvernement de Vichy.

 

Légende photo : Fort-Barraux, 1942, gardien en faction le long des barbelés du camp