Les lieux emblématiques

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Découvrez les cinq lieux emblématiques de la Course de la Résistance 2020 !

Carte des différents secteurs créés par l'Armée Secrète en Isère pendant la Seconde Guerre mondiale © MRDI
Le Nord-Isère dans la Seconde Guerre mondiale

Le Nord-Isère désigne la partie septentrionale du département, qui s’étend de Lyon à La Tour-du-Pin. Par sa situation géographique, le territoire est plutôt tourné vers l’agglomération lyonnaise. Les mouvements de Résistance vont s’organiser tardivement mais certaines personnes décident de s’opposer au régime de Vichy dès l’annonce de l’Armistice en juin 1940. Entre 1941 et 1942, la Résistance se structure et l’Armée secrète (AS) opère un découpage du département en différents secteurs. Le Nord-Isère devient le secteur VII. Les résistants Nord-isérois mèneront plusieurs opérations exceptionnelles telles que la Libération de Bourgoin et Jallieu en août 1944.

Bourgoin-Jallieu

Résistant et prisonniers au moment de la Libération de Bourgoin-Jallieu © Julien Guillon

La lutte clandestine s’organise à Bourgoin autour de Joseph et Ménie Fracassetty, Claude Chary et Marcel Bonnet qui fondent un premier groupe de résistants au café des marronniers, en février 1941. Investies une première fois par les Allemands en 1940, Bourgoin et Jallieu (séparées jusqu’en 1967) sont une nouvelle fois occupées en 1942, contrairement au reste de l’Isère qui voit l’arrivée des troupes italiennes. La Feldgendarmerie (police militaire allemande) appuyée par quelques hommes de la Wehrmacht (armée régulière allemande) et de la Kriegsmarine (marine) s’installent à Bourgoin. Ce sont en tout, près de 250 soldats allemands qui occupent les deux communes.      


La Libération : les jours décisifs du 22 et 23 août 1944

Suite au débarquement de Provence et à la Libération de Grenoble le 22 août 1944, les Allemands sont fébriles à Bourgoin. Le même jour, près du temple de Vaulx, des résistants berjalliens et un convoi allemand échangent des tirs. Les résistants doivent se replier après l’arrivée d’un train blindé contenant des soldats allemands. En représailles, les forces ennemies incendient le hameau du Lombard. Inquiets, les résistants décident de ne pas attendre l’arrivée des troupes alliées dans le secteur et choisissent de libérer Bourgoin le lendemain. 

Le 23 août :

6h30 : le bataillon Rémy se regroupe à Flosailles

10h30 : les Allemands sont alertés

11h30 : début des combats autour de l’église de Jallieu

11h45 : la majorité des troupes se met en ordre de marche

12h15 : elles rejoignent un groupe qui combat déjà les Allemands à la clinique de Jallieu

13h : reddition des Allemands réfugiés à la clinique

14h30 : les Feldgendarmes qui occupaient l’hôtel Chenavas sont neutralisés sur la place d’armes (actuelle place du 23 août 1944)

16h : les résistants investissent le collège, mais 150 Allemands défendent toujours les silos où se situe un entrepôt de la marine allemande

19h30 : installation de haut-parleurs pour les pourparlers

20h30 : sans que les combats ne cessent, les négociations sont ouvertes par les Allemands

22h30 : les Allemands capitulent, les deux villes sont libérées    

 

FFI défilant à Bourgoin-Jallieu lors de la Libération de la ville © Julien Guillon

Crémieu, Marcel Petit ou les débuts de la Résistance Nord-iséroise

Carte postale ancienne de Crémieu © Louis Fournier

Crémieu est le berceau de la Résistance Nord-iséroise et devient par la suite l’un de ses sous-secteurs. En 1943, c’est une ville frontière entre les zones occupées par les Allemands et les Italiens. Marcel Petit, agent des postes télégraphe et téléphone (PTT), s’engage dès 1940 en intégrant le groupe Action PTT, au sein duquel il espionne des communications qu’il transmet à la Résistance lyonnaise. Après une première arrestation en 1943, il reprend contact avec les mouvements résistants et obtient le grade de capitaine dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI) ; il devient le « capitaine Raoul ». Arrêté une nouvelle fois en 1944, il est déporté au camp de Neuengamme. Bien que libéré, il décède des suites de ses mauvais traitements en 1945. La Légion d’honneur lui est attribuée à titre posthume.

Le château de Virieu, une famille en Résistance

Carte postale ancienne de Virieu © Louis Fournier

Le marquis Xavier de Virieu, propriétaire du château, participe à la campagne de France de 1940 en tant que chef d’escadron. Parallèlement, son épouse, Marie-Françoise de Barante de Brugères, se charge de dissimuler des armes et du matériel au château. Xavier entre en Résistance suite à sa démission de l’école des cadres de Coullonges au Mont d’Or. Il créé alors le bulletin Radio Journal pour lutter contre la propagande vichyste. Entre 1942 et 1943, le couple cache deux familles juives ; ils seront à ce titre nommés Justes parmi les nations. À la Libération, Xavier de Virieu prend la tête de la troisième école d’Uriage, qui a pour mission de former les combattants de la Résistance pour assurer leur intégration dans l’armée régulière.

La Tour-du-Pin, victime de la répression

Image ancienne de la Tour-du-Pin © MRDI

La Tour-du-Pin est rattachée au secteur II Chartreuse en 1943 puis au secteur VII Nord-Isère à partir de 1944. Les habitants opèrent plusieurs insubordinations face à l’occupant et perturbent certains événements officiels. Le 10 mai 1944, la ville est cernée par les autorités allemandes. Guidées par les miliciens de Julien Berthon, elles sont à la recherche de résistants et de Juifs. Au total, vingt-cinq Turripinois sont déportés, seulement sept survivront. Les Juifs sont déportés à Auschwitz-Birkenau d’où ils ne reviendront pas.

Ambléon (Ain), le regroupement du bataillon Rémy

Sabotage de train par les résistants dans la région d'Ambléon © MRDI

À partir de 1943, Joseph Fracassetty, un des membres fondateurs de la Résistance Nord-iséroise, prend la tête de l’Armée secrète sur le secteur VII. Son domicile berjallien est fréquemment perquisitionné, ce qui l’oblige à prendre le maquis à l’été 1944. Il créé alors le seul maquis combattant du secteur VII. D’abord installé près de Moras puis à Ambléon dans l’Ain, le bataillon Rémy mène des actions d’embuscade et de sabotage face à l’ennemi. Obligé de se déplacer plusieurs fois pour ne pas être découvert, le bataillon se rassemble finalement à Flosailles le matin du 23 août 1944 pour libérer Bourgoin et Jallieu. Il participera également à la Libération de Lyon en septembre.