Voiron, entre Résistance et collaborationnisme

Georges Frier, premier chef MUR du sous-secteur de Voiron, de juillet à novembre 1943, victime de la Saint-Barthélémy grenobloise. Coll. Musée de la Résistance et de la Déportation - Département de l'Isère

Seule grande ville de la Chartreuse, Voiron est la troisième agglomération de l'Isère après Grenoble et Vienne. Ville à la fois commerçante et industrielle et donc ouvrière, les deux idéologies dominantes y sont l’extrême droite et le radical-socialisme.

Dès l’été 1943, des actions directes sont entreprises par la résistance dans la ville : le restaurant Chauffour, lieu de rencontre des collaborateurs voironnais, Le Petit Voironnais, journal milicien ainsi que le local de la Milice sont les cibles d’attaques à la bombe.

En 1944, l’affaire Jourdan, du nom du chef de la Milice voironnaise, prend une ampleur nationale lorsque 4 lycéens et un surveillant du lycée la Nat assassinent Ernest Jourdan et sa famille, dont sa fille de 3 ans.  

La rafle de la Martellière effectuée par la Gestapo à Voiron dans la nuit du 22 au 23 mars 1944, au hameau de la Martellière, conduit à la déportation de 18 personnes dont 16 enfants. Un seul a survécu. La rafle de La Martellière est, avec celle d'Izieu, le 6 avril 1944, et celle de la maison de la Verdière (près de Marseille), le 20 octobre 1943, l'une des trois rafles contre des maisons accueillant des enfants en zone Sud.