Lieux emblématiques 2026
Le massif des Chambaran
Le massif des Chambaran, vaste espace boisé de faible altitude, s’étend entre la plaine de la Bièvre et la basse vallée de l’Isère. Cet environnement forestier, relativement isolé des grands centres urbains comme Grenoble, offre un terrain idéal pour la Résistance. Il sert de refuge, de base arrière et de lieu de rassemblement pour les résistants issus des petites villes environnantes.
Sa diversité sociale et la variété des formes de lutte qui s’y développent font des Chambaran un véritable microcosme de la Résistance iséroise.
La Côte Saint-André
L’école primaire supérieure (EPS) de La Côte Saint-André, installée avant-guerre au Château Louis XI, est réquisitionnée en 1939 par l’armée, puis déplacée et transformée en collège sous Vichy. L’établissement devient un centre de la Résistance locale grâce à l’engagement de ses professeurs et de son directeur, Monsieur Rivot. Un atelier clandestin de fabrication de tracts y est installé.
En 1942, des élèves fondent le Service d’Ordre gaulliste, intégré à l’Armée secrète, qui mène des actions de résistance et des missions armées.
Paul Burlet rejoint le 1er corps franc de la Drôme en 1943, puis le maquis des Chambarand en 1944 comme spécialiste des explosifs. Blessé en août 1944, il dirige ensuite le journal clandestin « L’Écho de la Résistance ». Il reçoit la médaille de la Résistance avec rosette et devient Officier de la Légion d’honneur.
A la suite d’une explosion survenue au domicile d’un Allemand, membre de la Sipo-SD, Gabriel Vincendon, recherché par les autorités en 1943, fuit par l’Espagne, et rejoint l'Afrique du nord. Il s'engage alors dans l’aviation française. En 1947, il part en Indochine où il meurt en 1948. Il est décoré à titre posthume pour son engagement.
Viriville
Le camp des Chambaran, à Viriville, s’étend sur 1 450 hectares et sert d’abord à l’artillerie. Occupé par les Italiens en 1940, il devient un lieu d’internement, puis passe sous contrôle de Vichy et des Allemands.
Issu du corps franc de l’Isère, le maquis des Chambarand devient en 1943 le secteur 3 de l’Armée secrète.
Ses principales missions : attaquer les convois allemands, soutenir et ravitailler les maquis du Vercors, et porter assistance aux rescapés après juillet 1944.Sous le commandement de Marcel Mariotte, les combattants du secteur 3 se regroupent pour former le bataillon des Chambarand, composé de six groupes d’environ 50 hommes lors de la Libération de Lyon.
Aujourd’hui centre d’instruction du 7e bataillon des chasseurs alpins, il abrite depuis 2024 un musée du maquis des Chambarand.
La Frette
Après l’appel du 18 juin 1940, Paulette Jacquier-Roux "Marie-Jeanne", originaire de La Frette, s’engage dans la Résistance. À seulement 22 ans, elle devient une agente de liaison très active, transportant tracts, journaux et valises entre Grenoble, Lyon, Clermont-Ferrand et Valence.
Avec son père Lucien, elle forme un groupe franc local et réalise des sabotages sur la voie ferrée Grenoble-Lyon. Leur maison à La Frette devient un refuge pour les résistants de novembre 1942 à mai 1944. Arrêtée lors d’une embuscade au col du Banchet, Marie-Jeanne s’évade malgré ses blessures. En représailles, la commune subit incendies et exécutions, dont celles de son père, Joseph Borucki, réfugié juif, et Louis Ballay.
Paulette rejoint le bataillon des Chambarand, participe à la libération de Lyon, et elle devient la seule femme engagée dans la 1re DFL en tant que fusilier-voltigeur. Une rue de Paris et un parc de La Frette portent aujourd’hui son nom.
Saint-Siméon-de-Bressieux
À Saint-Siméon-de-Bressieux, l’usine Peugeot, installée en 1942 dans les anciens Tissages Girodon, devient un foyer de Résistance. De nombreux réfractaires au STO y sont cachés, protégés par Pierre Deveaux. Responsable du personnel, il tient une double comptabilité et gère de fausses cartes d’identité pour protéger les clandestins. Avec Jean Gelas, il crée une sizaine chargée de diffuser la presse clandestine et de préparer le blocage de la production si nécessaire. Certains ouvriers deviennent aussi mécaniciens pour les véhicules des maquis. Pierre Deveaux rejoint ensuite le maquis des Chambarand et la 1re DFL.
Après la Saint-Barthélemy grenobloise, Marcel Mariotte, étudiant en médecine et élu local, prend la tête de la Résistance dans le secteur 3 de l’Isère. Il structure les maquis en unités offensives et dirige le bataillon de Chambarand, avant de devenir maire et médecin à Saint-Siméon-de-Bressieux.
Tullins
À Tullins, Gaston Valois, maire et franc-maçon, refuse de collaborer avec Vichy en 1940. Il démissionne et s’engage dans la Résistance. Chef départemental des Mouvement unis de la Résistance (MUR), il est arrêté en 1943 et se suicide pour ne pas parler.
Le maquis du Vert, créé par Roger Perdriaux à 5 km de Tullins, accueille réfractaires et résistants, mène sabotages et actions contre l’occupant. Perdriaux commande ensuite un groupe franc des Chambarand avec Jean Valois, fils de Gaston, et rejoint la 1re DFL.