Le Nord-Isère dans la Seconde Guerre mondiale

Carte des différents secteurs créés par l'Armée Secrète en Isère pendant la Seconde Guerre mondiale © MRDI

Le Nord-Isère désigne la partie septentrionale du département, qui s’étend de Lyon à La Tour-du-Pin. Par sa situation géographique, le territoire est plutôt tourné vers l’agglomération lyonnaise. La Résistance s’implante rapidement grâce à la proximité de Lyon, berceau des trois grands mouvements résistants de la zone Sud. En 1942, la Résistance se structure et l’un d’entre eux, Combat, opère un découpage du territoire en différents secteurs qui est repris l’année suivante par l’Armée secrète (AS). Le Nord-Isère devient le secteur 7 du Rhône puis en 1944, le secteur Rhône-Isère grâce au rapprochement avec le commandement grenoblois. Les résistants Nord-Isérois mèneront plusieurs opérations exceptionnelles telles que la Libération de Bourgoin et Jallieu en août 1944.

Bourgoin-Jallieu

Ménie et Joseph Fracassety © MRDI
Ménie et Joseph Fracassety © MRDI

La lutte clandestine s’organise à Bourgoin autour de Joseph et Ménie Fracassetty, Claude Chary et Marcel Bonnet qui fondent un premier groupe de résistants au café des marronniers, en février 1941. Investies une première fois par les Allemands en 1940, Bourgoin et Jallieu (séparées jusqu’en 1967) sont une nouvelle fois occupées en 1942, contrairement au reste de l’Isère qui voit l’arrivée des troupes italiennes. La Feldgendarmerie (police militaire allemande) appuyée par quelques hommes de la Wehrmacht (armée régulière allemande) et de la Kriegsmarine (marine) s’installent à Bourgoin. Ce sont en tout, près de 250 soldats allemands qui occupent les deux communes.    

La Libération de la ville

La Libération : les jours décisifs du 22 et 23 août 1944

Suite au débarquement de Provence et à la Libération de Grenoble le 22 août 1944, les Allemands sont fébriles à Bourgoin. Le même jour, près du temple de Vaulx, des résistants berjalliens et un convoi allemand échangent des tirs. Les résistants doivent se replier après l’arrivée d’un train blindé contenant des soldats allemands. En représailles, les forces ennemies incendient le hameau du Lombard. Inquiets, les résistants décident de ne pas attendre l’arrivée des troupes alliées dans le secteur et choisissent de libérer Bourgoin le lendemain. 

Le 23 août :

6h30 : le bataillon Rémy se regroupe à Flosailles

10h30 : les Allemands sont alertés

11h30 : début des combats autour de l’église de Jallieu

11h45 : la majorité des troupes se met en ordre de marche

12h15 : elles rejoignent un groupe qui combat déjà les Allemands à la clinique de Jallieu

13h : reddition des Allemands réfugiés à la clinique

14h30 : les Feldgendarmes qui occupaient l’hôtel Chenavas sont neutralisés sur la place d’armes (actuelle place du 23 août 1944)

16h : les résistants investissent le collège, mais 150 Allemands défendent toujours les silos où se situe un entrepôt de la marine allemande

19h30 : installation de haut-parleurs pour les pourparlers

20h30 : sans que les combats ne cessent, les négociations sont ouvertes par les Allemands

22h30 : les Allemands capitulent, les deux villes sont libérées